Ressources · Moyens de paiement

Paiement en 3 fois : ce qui change le 20 novembre pour les commerçants

Par Tanguy de SAINT MELEUC, fondateur de Padmay· mis à jour le 23 octobre 2026· 4 min de lecture

En bref

À partir du 20 novembre 2026, le paiement en 3 ou 4 fois sans frais entre dans le régime du crédit à la consommation. C'est l'effet de l'ordonnance n° 2025-880 du 3 septembre 2025, qui transpose une directive européenne de 2023 : les crédits gratuits, les crédits de moins de 200 € et les crédits de moins de trois mois à frais négligeables, jusque-là exclus, y entrent. Celui qui finance l'achat devra vérifier la solvabilité du client, lui remettre une information complète avant de s'engager et lui laisser 14 jours pour renoncer au financement, sans que l'achat soit forcément annulé. Le commerçant, lui, ne perd pas le droit de proposer le 3 fois, mais sa publicité devra porter la mention « Attention ! Un crédit coûte de l'argent et doit être remboursé ! ». Les contrats signés avant le 20 novembre restent sous les anciennes règles.

Le « payez en 3 fois sans frais » a toujours eu, pour moi, un petit côté tour de magie. Le client repart avec son canapé, le commerçant est payé, et personne n’a l’air de prêter d’argent à personne. Sauf qu’à partir du 20 novembre, la loi va dire tout haut ce que le tour cachait : c’est un crédit. CNews l’a rappelé le 20 octobre, et comme le paiement en plusieurs fois tourne aussi sur nos terminaux, je suis allé voir ce qui change vraiment au comptoir.

Le 3 fois sans frais devient un crédit

Jusqu’au 19 novembre, le Code de la consommation laisse de côté deux familles d’opérations : les crédits de moins de 200 €, et ceux remboursés en trois mois au plus sans intérêts ni frais (l’article L. 312-4 les exclut). C’est exactement la case du 3 ou 4 fois sans frais. Le 20 novembre 2026, ces deux exclusions disparaissent : le paiement fractionné entre dans le régime du crédit à la consommation.

Le texte qui fait le travail est l’ordonnance n° 2025-880 du 3 septembre 2025, qui transpose une directive européenne de 2023. Service-Public.fr liste ce qui entre dans le champ : les crédits gratuits, les mini-crédits de moins de 200 €, les crédits de moins de trois mois à frais négligeables, « paiement fractionné ou différé » compris. Les cartes à débit différé, elles, restent à l’écart.

Rien de rétroactif. Un client qui a signé son 4 fois en octobre reste sous les anciennes règles jusqu’à la dernière échéance.

Qui fait quoi : le prêteur et le commerçant

La réforme pèse d’abord sur celui qui finance. Le prêteur devra vérifier que le client peut rembourser, en regardant ses revenus et ses charges, même pour 150 €. Pour ces crédits courts ou de faible montant, la consultation du fichier des incidents de remboursement reste facultative, et Service-Public.fr annonce des formalités allégées. Il devra aussi annoncer, avant l’engagement, le calendrier des échéances, le montant total dû, les frais éventuels et ce qui se passe en cas d’impayé.

Le client gagne un délai de rétractation de 14 jours. Renoncer au financement n’annule pas l’achat : le client garde le bien et le paie autrement, comme l’explique Me Thomas Gauriat, avocat, et comme le rappelle CNews. Pour le commerçant, c’est le point qui rassure. Un client qui se rétracte ne revient pas avec le canapé sous le bras, il revient avec sa carte pour régler le solde.

Le paiement en 3 fois reste autorisé : ce qui change, c'est le contrôle de solvabilité, l'information avant la signature et les 14 jours de rétractation du financement.

Et le commerçant ? Il reste maître de la façon dont il présente l’offre. Dès qu’il l’affiche en vitrine, sur son site ou sur un prospectus, sa publicité devra être « claire, loyale et non trompeuse », porter la mention « Attention ! Un crédit coûte de l’argent et doit être remboursé ! », et ne plus vanter la facilité d’obtenir le financement. CNews signale aussi une obligation de formation du personnel qui présente ces offres, sans frais comprises.

Reste un cas à part, relevé par Selectra : le paiement différé que le commerçant accorde lui-même, sans organisme financeur et sans revendre sa créance, à condition d’être payé dans les 50 jours suivant la livraison, sans intérêts et avec des frais limités aux retards. C’est l’artisan qui envoie sa facture à 30 jours, pas le magasin qui propose le 4 fois par un partenaire.

Au comptoir, concrètement

Imaginez un magasin de literie, un samedi après-midi. Un couple hésite sur un matelas à 690 €, le vendeur propose le 3 fois. Avant le 20 novembre, deux questions et la carte dans le terminal. Après, le financeur affiche une information plus complète, vérifie la solvabilité, et le couple dispose de 14 jours pour renoncer au crédit. Le geste au comptoir s’allonge un peu, et le vendeur doit savoir répondre à « c’est un crédit, alors ? ». Oui, et il faudra le dire.

Mon conseil tient en peu de choses. Regardez d’ici le 20 novembre vos affiches, votre site et vos prospectus qui parlent de 3 ou 4 fois, ajoutez-y la mention obligatoire, et demandez à votre fournisseur de paiement en plusieurs fois ce qui change dans son parcours client.

Et sur un terminal Padmay ?

Sur les terminaux Padmay, le client peut régler en deux, trois ou quatre fois directement au comptoir, et l’option est comprise dans les trois formules. Votre conseiller vous détaille ses conditions, celles qui s’appliqueront après le 20 novembre comprises. Tout est sur la page paiement en plusieurs fois des fonctionnalités.

Je trouve la réforme saine. Le 3 fois sans frais n'était pas un cadeau, c'était un crédit qui ne disait pas son nom, et un client bien informé revient plus volontiers. Pour un commerçant, la vraie corvée tient en une ligne à ajouter sur ses affiches avant le 20 novembre.

Tanguy de SAINT MELEUC, fondateur de Padmay

Si vous vous demandez encore quel terminal sait proposer ce genre d’option, j’ai comparé les deux mondes dans TPE Android ou TPE classique : c’est justement grâce à ses applications qu’un terminal Android affiche le paiement en plusieurs fois.

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